COMMUNIQUÉ DU COLLECTIF DE « COMBAT »

 Dimanche 4 mai 2003, le directeur de « La Comédie italienne » , de Paris, Attilio Maggiulli a été agressé dans son théâtre par deux énergumènes qui lui ont scarifié la face le visage à coups de cutter, l’ont roué de coups et ont saccagé le hall de l’établissement. La Comédie italienne, dans la tradition de la commedia dell’arte avait à l’affiche une satire truculente, Bush, ou le triste cow-boy de Dieu. Les paroles proférées par les forcenés au cours de leur attentat ne laissent aucun doute sur leur idéologie : racisme anti-Arabes et belllicisme anti-irakien. Les représentations ont été suspendues quelques jours, le temps de la remise en état des lieux. Elles reprennent mais avec le programme précédent, Noblesse et bourgeoisie de Goldoni, Attilio Maggiuli ayant renoncé à reprendre sa pièce pour ne pas, dit-il, jouer avec des policiers devant la porte. Nous n’avons aucun droit à apprécier ou même à commenter cette décision. Mais on peut regretter que l’agression ait atteint son objectif qui était de faire taire Attilio Maggiuli et que les « terroristes » n’aient pu être encore appréhendés.

 L’événement dépasse l’anecdote. On peut donc avec des méthodes de voyous qui sont bien dans la manière de l’Etat-voyou majuscule, les Etats-Unis, pratiquer une censure de la terreur. Certes Attilio Maggiuli a reçu de pieux messages de soutien, Aillagon, Delanoë, Lang… Seule Ariane Mnouchkine, positive, lui a proposé de constituer un service d’ordre avec ses comédiens. Quant aux intellos droitsdelhommistes, les Brukner, Gluksmann, Goupil et tutti quanti, ils préfèrent cirer les bottes du cow-boy de la guerre honteuse, nouveau Docteur en droit (sic) de l’Université de Columbia, George W. Bush.

Etonnons-nous cependant, en passant, du silence des membres de la coordination antiguerre (syndicats, partis et associations institutionnels) si prompts à traquer des manifestants coupables d’anti-américanisme (évidemment primaire) et d’anti-sionisme (évidemment antisémite). La liberté de culture, la liberté d’expression la liberté d’opinion n’existent que par la volonté de leurs défenseurs.